Le Quartz, Scène nationale de Brest – 8 au 10 décembre 2025

MUSIQUES NOBORDER

- MARATHON CRÉATIF DÉDIÉ AUX MUSIQUES POPULAIRES DE CRÉATION -

En parallèle du Festival NoBorder, le Quartz - scène nationale de Brest - a accueilli du 8 au 10 décembre 2025 un marathon créatif dédié aux musiques populaires de création.

A l’invitation du Quartz et du Ministère de la Culture – Direction Générale de la Création Artistique (Délégation musique), une vingtaine de participant.e.s se sont réuni.e.s pour réfléchir de façon collaborative aux enjeux de ce secteur musical.

© Eric Legret - Le Quartz

Fondé en 2011, à Brest, le festival NoBorder reflète la vitalité et la diversité d’un champ musical en constante évolution, traversé par les héritages, les influences croisées et les réinventions contemporaines.

Mais que signifie « No Border » aujourd’hui ?

S’agit-il d’une frontière géographique à franchir, ou d’une frontière esthétique à inventer ?

Le franchissement est au cœur du projet : il concerne les territoires, les formes, les gestes, les manières d’écouter, de créer et de partager la musique.

À partir de cette question comment expérimenter une autre manière de penser les esthétiques populaires, dans leur porosité, leur liberté et leur capacité à franchir les cadres établis ?

Pendant 3 jours, des participant.e.s venu.e.s d’horizons différents se sont réunis pour réfléchir ensemble à ces enjeux.

Équipes

3 équipes de 6 à 8 personnes ont été constituées, comptant chacune des profils différents :

  • des artistes musicien.n.es ou danseur.euse.s ;

  • des responsables de lieux de diffusion musicale ; 

  • des producteur·ices ;

  • des chercheurs ;

  • des médiateur·ices culturel·les ;

  • des représentant·es de réseaux ;

  • des représentant.e.s des collectivités ou institutions.

 

Thématiques

Chaque des équipes a travaillé sur une thématique :

  • Les musiques traditionnelles sont aujourd’hui prises entre deux logiques qui se regardent encore trop à distance : leur fonction sociale, enracinée dans des pratiques communautaires et situées, et leur inscription dans des formats scéniques contemporains qui privilégient la représentation, la médiation et la mise en forme.

    À l’heure où les usages culturels mutent rapidement — fragmentation des publics, réinvention des sociabilités, demande d’expériences plus participatives — la question n’est plus seulement de « valoriser » les musiques à danser ou à vivre, mais de repenser les conditions de leur transmission et de leur réception.

    Comment repenser les musiques traditionnelles pour qu’elles continuent d’exister comme musiques « à vivre » tout en trouvant leur place dans les formats scéniques contemporains ? Comment préserver leur énergie sociale et collective lorsqu’elles passent du lieu de vie à la scène, et inversement ?

  • Dans une société en constante mutation, les artistes réinventent sans cesse les musiques traditionnelles en revisitant gestes, instruments, lieux, répertoires ou rituels anciens. Mais comment accéder aux sources, aux matériaux et aux archives nécessaires pour nourrir ce travail de transmission ? Quels outils, plateformes, réseaux ou dispositifs pourraient faciliter la circulation de ces savoirs ? Pourquoi les artistes ressentent-ils le besoin de réexplorer cette matière héritée, et comment cette démarche permet-elle de réactiver des questions politiques et sociales contemporaines—colonialisme, féminisme, écologie… ? Enfin, comment faire en sorte que ces héritages restent vivants, créatifs et partagés ?

  • Le secteur des musiques populaires de création est-il suffisamment structuré pour optimiser sa présence internationale ?

    L’émergence d’un pôle international de production et diffusion ouvrirait une opportunité, mais pose une question plus large : comment organiser collectivement la filière pour renforcer la circulation des artistes, des oeuvres et des compétences ?

    Les structures sont souvent petites, territorialisées, fragiles, tandis que les grandes institutions travaillent à d’autres échelles.

    Il faut donc inventer des alliances nouvelles, capables de mutualiser les moyens, d’ouvrir des ponts entre régions et pays, et d’assumer une stratégie d’internationalisation sans sacrifier l’ancrage local.

    Comment imaginer des formes de coopération efficaces et durables permettant d’élargir les réseaux, de renforcer la circulation des musiques traditionnelles et de soutenir leur rayonnement à l’international ?

Après 3 jours mêlant échauffements, interconnaissances, apports, idéation et créativité, 3 dispositifs fictifs ont été imaginés par les équipes pour rendre compte de leur réflexion.

MUSIQUES À VIVRE

© Eric Legret

Une création de : Vanessa Caque, Xavier Le Jeune, Gilles Perrault, Anthony Prigent, Christophe Rulhes, Chantal Santon Jeffery, Anaïs Vaillant.

Facilitatrice : Alice Le Guiffant

« Comment repenser les musiques traditionnelles pour qu’elles continuent d’exister comme musiques « à vivre » en trouvant aussi leur place dans des formats contemporains ? Comment préserver leur énergie sociale et collective en passant du lieu de vie à la scène et inversement ?

Le ministère de la Culture crée un programme national de financement de fêtes de pays calendaires, décoloniales et autodéterminées.

Celles-ci offrent aux acteur·ice·s des champs culturels et sociaux professionnel·le·s et amateur·e·s du territoire la possibilité d’inventer des nouveaux rituels participatifs.

Elles mettront en son et en scène des folklores imaginaires inspirés de leur Histoire ou de leurs fictions, convoquant les musiques et danses traditionnelles en partenariat avec des artistes contemporain·e·s invité·e·s.

Les scènes professionnelles dans les pays seront les structures organisatrices porteuses de ces fêtes en accès libre dans les scènes et les espaces publics. Elles constitueront et réuniront un collectif représentatif animant la création, la transmission et l’organisation de la fête.

Des artistes des musiques traditionnelles seront engagé·e·s dans la création d’événements au sein de ces fêtes sur un modèle participatif avec les habitant·e·s du pays.

La pluralité des formes artistiques (déambulations, bals, concerts, veillées, aubades, banquets,…) — issues pour la plupart de créations participatives — fera de chaque fête un endroit intergénérationnel, de création artistique partagée, de découverte et d’invention de traditions, de transmissions, de transitions et de respect.»

« L’IRCAMe – L’Institut de Recherche, de Coordination et d’Accompagnement des Musiques enracinées – a pour vocation de soutenir, valoriser et renouveler les pratiques musicales issues des territoires, des traditions populaires et du Patrimoine Culturel Immatériel. À la croisée de l’héritage et de la création, l’IRCAMe affirme que les musiques enracinées ne sont ni figées ni nostalgiques : elles constituent un espace vivant de transmission, d’invention et de dialogue avec le monde contemporain.

En réunissant recherche, création et action territoriale, l’institut structure un champ encore peu reconnu et oeuvre également à la reconnaissance de pratiques musicales longtemps marginalisées, parfois fragilisées par l’histoire coloniale ou par des dynamiques de domination culturelle. Il contribue ainsi à une approche décoloniale du patrimoine vivant, attentive aux voix minorées, aux circulations transnationales et à toutes les rencontres musicales.

Ouvert sur l’international, l’IRCAMe encourage les coopérations entre artistes français et étrangers, soutient les projets qui traversent les frontières et favorise l’émergence de formes musicales hybrides, nées de dialogues interculturels. Il coordonne par ailleurs les initiatives des collectivités à toutes les échelles, développe des programmes de transmission, accompagne les artistes et met en réseau les acteurs culturels. Par ses dispositifs de soutien, ses résidences, ses laboratoires de recherche-création et son futur label « Musiques d’horizons incontrôlables », l’institut vise à faire émerger des oeuvres enracinées dans les territoires mais tournées vers le présent et l’avenir, l’ici et l’ailleurs. Il ambitionne de donner aux musiques du vivant une visibilité accrue, de renforcer leur circulation et de reconnaître leur rôle essentiel dans la diversité culturelle du pays et au-delà. »

HÉRITAGES ET CRÉATION

© Eric Legret

Une création de : Sophie Bernard, Marie Bouchier, Nina Laisné, Marie-Barbara Le Gonidec, Vincent Léandri, Stéphane Roth, Jean-Luc Thomas.

Facilitatrice : Claire Lebrun

Avec la participation de : Eténèsh Wassié

COOPÉRATIONS

© Eric Legret

Une création de : Ricet Gallet, Erwan Keravec, Perrine Lagrue, Thomas Meugnot, Matthieu Rietzler, Camille Simon.

Facilitatrice : Lucie Rousseau

Dans un futur souhaitable, la ministre de la Culture lance une mission dédiée au renforcement de la présence des musiques populaires de création à l’international.

Les musiques populaires de création apportent une réponse poétique et politique à un enjeu de société majeur : créer une communauté désirable. Il est donc essentiel de structurer des espaces de coopération pour que les artistes puissent créer et diffuser leur travail, notamment à l’international.

Aujourd’hui, l’écosystème français des musiques populaires de création voit les conditions de sa vitalité fragilisées malgré sa dynamique créative et le volontarisme des lieux de diffusion, l’engagement des structures de production et l’activité des festivals qui irriguent tout le territoire.

Pourtant, ce potentiel pourrait bénéficier davantage aux artistes : en matière de développement de carrière, d’accès aux réseaux internationaux, et de reconnaissance sur la scène mondiale.

C’est dans cette perspective que la ministre confie une mission pour imaginer dans le champ des musiques populaires de création des formes de coopération efficaces et durables permettant d’élargir les réseaux, de renforcer la circulation de ces esthétiques et de soutenir leur rayonnement à l’international.

Le marathon sous la plume d’Arnaud Le Gouëfflec…

Arnaud Le Gouefflec, écrivain, était le témoin du processus de création des équipes. Pendant les 3 jours, il a tendu l’oreille et gratté le papier pour capter les échanges, réflexions, anecdotes des participant.e.s…

Découvrez les !

MUSIQUES NOBORDER est un événement organisé par le Quarte - Scène Nationale de Brest, le ministère de la Culture – Direction Générale de la Création Artistique (Délégation musique) et la DRAC Bretagne, en collaboration avec l’Agence Sensible.

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